M10 Canadien
Texte & photos : Patrick Bernier
Échelle : 1/35
Matière : Plastique, résine, photodécoupe
M10 Wolverine AFV Club Kit #35S07
Kit d'accessoires Verlinden #1584
Figurine : Ultracast Canadian / British Tank Crewman #35020

M10 Canadien

Historique :

Lorsqu’on parle des alliés ayant libéré l’Europe, le Canada est souvent oublié ou mis de côté. Pourtant, en proportion de sa population locale, l’effort militaire canadien fut très important et ce, dès les premiers instants de la Guerre. L’échec de Dieppe est le souvenir le plus fréquemment illustré. Mais il ne faut pas oublier que sur les cinq plages du débarquement de Normandie, un secteur entier était sous contrôle Canadien et au soir du 6 juin 1944, la troisième division Canadienne était celle ayant effectué la plus grande percée. Dès lors, des combats d’une extrême violence allaient avoir lieu avec la célèbre 12 SS panzer-division “ Hitlerjugend ”.

Le matériel canadien était sensiblement le même que celui de l’ensemble des alliés, mais avec une forte prépondérance “ british ”, le Canada faisant partie du Commonwealth. Le Canada a utilisé des M-10 jusqu'en décembre 1944 où ils ont commencé à être remplacé par des Achilles avec le nouveau canon de 17 livres. Le Canada ne disposait que d'une seule unité anti-char, soit la 5th Anti-Tank Regiment. L'insigne de cette dernière est un 77 blanc sur un carré dont la moitié supérieure est rouge et l'inférieure, bleue. Elle faisait partie de la 4th Canadian Armoured Division. Son insigne tactique est une feuille d'érable sur un carré vert. Pour les numéros d'immatriculation, c'est le même principe que les blindés Anglais, à l'exception qu'il est généralement précédé d'un "C" (ex: CT150562).

J’ai voulu représenter un M10 Canadien quelque part en décembre 1944, période précédent un hiver qui risquait fortement d’être moins rigoureux que ceux auxquels ils sont habitués au nord du continent américain.

Le Montage :

Il s’agit ici du kit du M10 “Late version ” d’AFV Club. Beaucoup de bons commentaires ont été faits sur ce kit et ce, avec raison. Le montage se fait très bien et l’ajustage des pièces ne demande que très peu de putty. Par contre, certaines lacunes sont à mentionner. L’intérieur est très sommaire. Le kit ne fournit même pas les manettes du conducteur. La boîte ne contient aucun obus. Les chenilles souples fournies dans le kit vont exercer votre patience, car beaucoup trop courtes (pour être tendues, elles le sont !). Enfin, certaines pastilles de moulage sont très mal placées.



Le kit de Verlinden est donc un incontournable pour corriger ces lacunes. Ce dernier fournit entre autres un poste de pilotage presque complet, des obus et un moteur. Une feuille de photodécoupe est fournie mais certains éléments ne servent strictement à rien (pièces non conformes à l’original ou carrément inventées). Par conséquent, si vous désirez monter un M10, je vous conseille fortement le nouveau kit Academy.



Le montage se fait sans trop de mal. Les barbotins et le système de roulement demanderont plus de temps. Ayant décidé de profiter au maximum de l’ensemble Verlinden, j’ai décidé d’ajouter le moteur. Cette fois, notre ex-Belge ne s’est pas trop forcé. Beaucoup de travail est nécessaire simplement pour l’ajustement. Se pose alors le dilemme : comment présenter le tout ? AFV fournit les grilles sur une même pièce. J’ai donc poncé le dessous de cette dernière afin de suffisamment l’amincir pour vider les croisillons. Ce processus demande quelques heures, car plus on avance, plus la pièce s’amincit et se fragilise. Par contre, il est difficile d’être plus prêt de la réalité.

Afin de détailler davantage le kit, j’ai ajouter les poignées sur les trappes des conducteur et radio ainsi que le crochet servant à retenir les trappes. Toutes les attaches sur les flancs de la tourelle ont été refaites en fil de cuivre. Comme je voulais représenter un véhicule canadien, certains détails étaient à ne pas oublier. En effet, lors de la seconde guerre mondiale, l’équipement canadien était essentiellement celui des troupes du Commonwealth. Ainsi, les gourdes américaines ont été remplacées par celles du modèle britannique. La radio américaine a également été mise de côté afin de la remplacer par le modèle britannique Mk. 9. Cette dernière provient d’un kit Bren Carrier de Tamiya.





Les divers paquetages proviennent de différentes sources. J’ai conservé la .50 Verlinden pour un autre kit, celle d’AFV étant excellente selon moi.

Peinture :

Le véhicule a été peint selon deux phases. Le premier sous-ensemble consistait à peindre l’intérieur de la coque. Pour ce faire, j’ai commencé par une sous-couche de XF-52 flat earth, suivi d’une fine couche de XF-2 white. Cela évite d’obtenir une couleur trop éclatante. Les divers jus sont entrés en jeu après une période de séchage de 24h.





Le reste du véhicule a été peint en Olive drab XF-62. À cet effet, il convient de préciser que les véhicules canadiens n’étaient pas conformes au vert britannique et tiraient beaucoup plus sur l’olive drab américain. Le 77 provient de la compagnie Archer et les autres collants de la compagnie canadienne Ultracast. Là encore, ils offrent des produits de haute qualité.



J’ai passé un léger voile de Buff XF-57 sur le bas de la caisse de mon véhicule. Le situant en décembre 1944, la terre ayant déjà commencé à geler et il y a donc moins de poussière. Les diverses éraillures ont été réalisées en noir avec un pinceau fin. J’ai appliqué les traditionnels jus par la suite. Enfin, quelques points à l’huile de différentes teintes (blanc, ocre, jaune, terre de sienne brûlée) ont été descendus avec de la térébenthine sur les différentes surfaces du blindé.



Figurine :

La figurine sur le char provient de la gamme Ultracast (35020). Cette compagnie canadienne offre des figurines d’une excellente qualité. Le moulage est parfait et le montage se fait les yeux fermés. Très peu d’ébavurage est nécessaire. Elle a été peinte à l'acrylique Tamiya et à l'huile pour les zones chair.





Conclusion :

L’armée Canadienne a joué un important rôle lors du second conflit mondial et elle est souvent mise à l’écart face à ses alliés plus importants. La recherche nécessaire à la réalisation de ce projet m’a fait découvrir une nouvelle facette des véhicules alliés et surtout de notre histoire. L’expérience canadienne sera répétée et ce ne sont pas les projets qui manquent. Au menu : Dingo à Dieppe, Firefly à Caen, Stuart V à falaise. À bientôt !

Patrick Bernier
Mai 2002