Hawker Tempest Mk.V
Kit : Eduard no. 8021
Échelle : 1/48
Par : Denis Moisan



Prologue :
Quelques fois les raisons qui nous poussent à construire un modèle en particulier sont plus profonde qu'un intérêt historique ou le simple fait d'aimer la version ou la finition du sujet. J'ai voulu reproduire le Tempest de Pierre Clostermann depuis mon enfance, en fait c'est grâce à cet avion et en particulier à Pierre Clostermann, que j'ai la passion du modélisme aviation.
Tout ça a commencer quand j'ai aperçu le livre Le Grand Cirque de M. Clostermann sur le comptoir de la bibliothèque de l'école alors que j'avais 12 ou 13 ans. Le dessin sur la couverture du livre (un Tempest venant d'abattre un Focke-Wulf 190) est ce qui a attiré mon attention, je n'avais à l'époque aucune idée du type d'avions ni des circonstances dans lesquelles ce combat se déroulais mais j'ai trouver ça " cool " et en plus il y avais plusieurs photos et dessins à l'intérieur. J'emprunte donc le bouquin sur le champ et c'est le coup de foudre ! Une passion pour l'aviation et pour l'histoire en général étais née.
J'ai dernièrement eu la chance de retrouver dans une bouquinerie la même édition du Grand Cirque qui avais attirée mon attention à l'époque ainsi que le second livre de Pierre Clostermann " Feux du Ciel ", que de souvenir !!!


Pierre Clostermann :


Né le 26 février 1921 à Curitiba au Brésil, Pierre Clostermann effectue ses études secondaire en France, il obtient son brevet de pilote au Brésil en 1937. Suite à l'obtention de son diplôme d'ingénieur en aéronautique de la Ryan School au États-Unis il répond à l'appel du Général deGaulle :
" Moi, Général deGaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la radio de Londres ".
Il rejoint donc l'Angleterre et s'engage dans les Forces Aérienne Française Libres en mars 1942. Il est affecté au groupe de chasse Alsace équipé des tout nouveaux Spitfire IX. Le 27 juillet 1943 il obtint ces deux premières victoires, des Focke-Wulf 190.
En Mars 1945 il est affecté au 122nd Tempest Wing du Squadron 274 équipé de Hawker Tempest, la perle de la RAF à l'époque. Le 27 avril 1945 il est promu commandant du 122nd Wing. Il termine la guerre avec trente-trois victoires aériennes confirmées ce qui fait de lui l'as français avec le plus de victoires de toute la seconde guerre mondiale.
Il quitte la RAF en août 1945 et retourne en France où il tente sa chance en politique et se consacre à la rédaction de son livre " Le Grand Cirque " qui est tiré à plusieurs millions d'exemplaires et traduit en plusieurs langues.
Ce livre a depuis attisé beaucoup de discussions sur la véracité de certains faits relatés, je me souviens entre autre d'un échange très enflammé sur un forum internet au sujet de la fameuse bataille avec un FW-190 peint entièrement en jaune et de sa rencontre avec un Dornier Do-335.
Ce genre de détails ne m'atteint pas quand je me souvient du nombre de fois ou je me suis imaginé, grâce à ce livre, au commande d'un Spitfire ou d'un Tempest dans ma jeunesse, merci M. Clostermann ! Il écrivit aussi " Feux du Ciel ", un recueil de courtes nouvelles sur les combats aériens de la seconde guerre mondiale. Il sert aussi en Algérie ou il vole sur M.H 1521 Broussard, un avion de liaison et d'observation, et est promu lieutenant-colonel de l'armée de l'air, à la suite de quoi il écrit un autre livre " Appui-feu sur l'Oeud Hallaïl ". Il poursuit ensuite dans le domaine de l'aéronautique, occupant plusieurs postes prestigieux comme celui de directeur adjoint de la société des Avions Marcel Dassault-Bréguet

Le Tempest :
Le Tempest est une évolution du Hawker Typhoon, un avion d'attaque au sol très performant. Du à la grande épaisseur de ses ailes, le Typhoon étais par contre limité en tant que chasseur. L'aile du Typhoon fut donc complètement redessinée, ainsi que la queue et les dérives et le fuselage fut aussi allongé, ce qui améliora considérablement les performances à haute vitesse et en fit un chasseur redoutable. Le Tempest étais né. Il entra en service dans la RAF durant l'été 1944 et se distingua entre autre dans la chasse aux bombes volantes V-1. Il étais à l'époque le chasseur à hélice le plus rapide de la RAF. Il resta en service dans la RAF jusque dans les années cinquante.


Le kit :
Le kit de Eduard est ce que l'on appelle un kit " short run ", donc un kit qui demandera un peu plus de travail. Nous avons 4 branches de plastique injecté gris très brillant et un peu mou, une branche de plastique transparent pour la verrière qui est d'une clarté impeccable et un masque pour la verrière. Deux finitions sont proposées soit un appareil du 56th Squadron basé en Hollande en décembre 1944 et le Tempest " Le grand Charles " de Pierre Clostermann.

Les décalques sont de Propagteam et semblent de bonne qualité. Les détails engravés sont net et assez discret. Aucune bavure n'est présente sur les pièces mais de très nombreux points d'injection sont présent et souvent à des endroits embarrassant comme à l'intérieur des ailes et même sur la surface extérieur des trappes de train d'atterrissage.


Construction :
La première étape est la préparation des pièces, l'enlèvement des points d'injection est ce qui demandera le plus de travail. Le cockpit assez complet est simple à monter et est peint en vert intérieur RAF de Model Master. Le siège du kit est bien mais je l'ai quand même remplacé par un des superbes produits de résine Ultracast soit le no. 48072 Hawker Typhoon/Tempest seats.

Comme l'ouverture du cockpit est très petite et que je prévoit fermer la verrière de toute façon, je n'ai rajouté aucuns autres détails à l'intérieur.
Après préparation et plusieurs essais à sec le fuselage est assemblé, le joint à cet endroit est assez visible alors un bon remplissage et sablage est nécessaire. Le cockpit assemblé est ensuite introduit par le dessous et encore un fois des essais à sec et du sablage sont nécessaire. La prochaine étape, l'assemblage des ailes est très simple mais n'oublier pas de percer les trous pour les réservoirs supplémentaires si vous prévoyez les utiliser. Et aussi pensez à installer les phares d'atterrissage avant d'assembler les ailes, ceci n'est pas mentionné dans les instructions de montage.
L'étape 4, soit l'application des ailes au fuselage est assez laborieuse, un espace de plusieurs millimètres reste à remplir et à poncer et re-poncer mais avec de la patience et une application de Mr.Surfacer pour terminer le tout, on en viens à bout. Le reste du montage est assez simple et ne pose aucun problèmes particulier.


Peinture et finition :
Les deux finitions proposées sont un peu terne mais au standard de la RAF à cette époque soit vert foncé et gris mer sur le dessus et gris mer moyen pour le dessous avec les bandes d'identification jaune sur le devant des ailes (Je déteste peindre du jaune, cette couleur me donne toujours des difficultés). J'ai choisi, comme à l'habitude d'utiliser les enamels Model Master : RAF Ocean Grey, RAF Dark Green et RAF Medium Sea Grey et Chrome Yellow appliquer à l'aérographe pour la finition de ce modèle.
Une fois sec une couche de fini à plancher Future est appliquée et après environ 24 heures de séchage je suis près à passer aux décalques et quel cauchemar ! Les décalques de la compagnie Propagteam sont d'un registre et d'une minceur impeccable mais ils ont tendance à adhérer à la première surface qu'ils touchent et à se briser si on tente de les déplacer, alors beaucoup de précautions doivent être prise et une surface bien lisse et brillante est un atout. Il faut aussi les laisser longtemps dans l'eau soit de cinq à dix minutes pour qu'ils se détachent bien de leur feuille, et encore là si ils sont laisser trop longtemps dans l'eau ils s'enroulent sur eux-même et un combat sans merci s'engage pour les remettre en position sans les briser.


Une fois remis de mes émotions et après un temps de séchage d'environ douze heures pour les décalques un léger jus à l'huile est appliqué pour accentuer les discrètes lignes de structure suivi d'une dernière couche d'acrylique mat. L'étape finale est un léger vieillissement à l'aide des poudres MMP pour avions et quelques égratignures métallique au niveau du cockpit et de certain panneaux d'accès.


Conclusion :
Le résultat : Un avion aux lignes élégantes et racées qui est tout de même assez coloré avec ses marques de victoires, son nez rouge, et sa grosse croix de Lorraine sur le radiateur. Est-ce que je vous conseil ce kit ? Non ! À moins que comme moi vous vouliez absolument avoir cette beauté dans votre collection le travail requis et le résultat obtenu (du moins avec mes talents limités) n'en valent pas la peine. Mais comme pour l'instant l'édition de Eduard est le seul choix vous devrez vous aussi faire ce chemin de croix…


Épilogue :
Faire la recherche pour cet article m'a donner le goût de relire les deux livres de Pierre Clostermann, ce que je n'avais pas fais depuis nombre d'années, et quoi que ma vision des choses a bien changée depuis la première fois ou j'ai lu ces livres, j'ai encore eu beaucoup de plaisir à retrouver ces deux bouquins. Si jamais vous en avez l'occasion c'est une lecture que je vous conseil…

Denis Moisan
Novembre 2005
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